premier semestre 1860 - Côte d'Ivoire

En route pour l'Afrique


La délégation du club scientifique: OBJECTIF 1900 part du Havre en direction d'Abidjan, Côte d'Ivoire le 20 janvier par le Steamer de luxe qui longe toute la côte occidentale de l'Afrique et après une courte escale au Sénégal se rend au port d'Abidjan.
Lucien, Albet et Lyam préfèrent voyager avec les autres futurs employés de la Mine de M'Wanga Orodo sur le cargo à voile (ancien clipper) délabré qui est parti un peu plus tôt (le vendredi 13 janvier). Un Clipper en très bon état part le 17 janvier pour les Canaries où il sera sans doute possible de trouver un bateau relais, le club Objectif 1900 est trop rigoureux pour partir dans ces circonstances un peu aléatoires.

Sur le steamer

Les réservations sont prises sur les bateaux (le Comte a besoin de trois cabines dont une qui est dédiée à sa nouvelle passion : la photographie. Les essais réalisés pendant le voyage ne sont pas très concluants et le comte regrette l'absence de Lucien qui pourrait sans doute lui donner quelques conseils. Elmer Johcqz fait un tour systématique de tous les passagers en leur posant de très nombreuses questions sur eux, sur ce qu'ils pensent de tout et rien… Il devient rapidement la personne à éviter sur le bateau ; seuls les marins n'ont pas le loisir de l'éviter aussi, Elmer Johcqz se livre à une petite étude sur le stress en mer. Dans un autre style, le capitaine raconte ses exploits à qui veut bien les entendre. Irvinn Steelhorn, quant à lui est à peine visible, il ne sort que très peu de sa cabine. Les voyageurs rencontrent sur le bateau une assez importante délégation autrichienne qui se rend à Abidjan pour négocier des accords commerciaux.

Sur le cargo

Sur le cargo, l'ambiance est beaucoup plus rustique, une quinzaine de personnes partent dans les mêmes conditions qu'Albert, Lucien et Lyam pour trouver la fortune ou fuir la métropole, il est difficile de connaître leurs véritables motivations.
Le steamer après une petite avarie de chaudière (perte de pression) arrive en vue d'Abidjan à l'aube du 12 février, il double le Cargo qui, au mouillage, repartira à la fin de la nuit du 12 au 13 pour arriver le 13 au matin au port.

Gentlemen aidant les pompiers

Carnet de Voyage de C. H. Tremillon, Capitaine d'artillerie français


13 février 1860 : Arrivée en Côte d'Ivoire.

La traversée s'est passée sans problème, la lenteur du bateau nous a permit de bien nous acclimater au climat très chaud de la région. Une pratique quotidienne de l'exercice durant la traversée m'a permit de conserver la santé (il sera indispensable de réserver de tels espaces sur les futurs aérostats transocéaniques).Accablé par la chaleur Mes compagnons de voyage, moins habitués à de tels voyages n'ont pas tous bien supportés la traversée, plusieurs sont alités, Nous avons pu profiter de ce voyage pour apprendre à mieux nous connaître, ce qui nous sera sans doute utile pour la réussite de notre expédition. Les paysages sont extraordinaires, je suis impatient de pouvoir gonfler la montgolfière. Le climat semble permettre à la végétation de croître à l'infini, la côte semble pourvue d'un mur infranchissable, transformant le pays en une forteresse imprenable. Le port bien que petit et légèrement défendu grouille d'activité, pécheurs, porteurs, marchands, soldats, tous semblent travailler d'un seul homme à la grandeur des colonies françaises. Les nègres semblent apprécier le sens de l'organisation des mes compatriotes, ils obéissent facilement, sans qu'il soit nécessaire de faire preuve de sévérité. Néanmoins j'ai pu en apercevoir quelques-uns uns qui, profitant de l'inattention de leur contremaître, se prélasser pendant que leurs camarades souffraient à la tâche. Il semble y avoir beaucoup d'ethnies chez les nègres, et avec un peu d'attention on arrive à en distinguer certaines ; j'ai par exemple pu identifier les pygmées chez qui le nanisme semble généralisé (peut être pourrons nous en engager dans nos mines pour remplacer les enfants ?).

Dans l'ensemble les nègres sont plutôt polis et amicaux, même si leur français est encore incertain. A notre arrivée chez le gouverneur, je remarque d'emblée un certain relâchement dans la discipline militaire ; je crois que cela n'est pas bon, ni pour nos hommes, ni pour les nègres auxquels nous devons montrer l'exemple afin qu'ils aspirent naturellement à l'ordre et à la morale. Je pense qu'il faudra rapidement établir un règlement militaire colonial plus strict. Je compte me rendre rapidement sur un poste avancé afin de pouvoir évaluer le moral et la capacité combative de nos troupes.

14 février 1860 : Découverte d'Abidjan.

Les rues d'Abidjan sont très sales ; Outre la poussière et les détritus, l'absence d'eau courante semble favoriser l'absence d'hygiène, aussi bien chez les nègres (certains sentent très forts) que chez les Européens. J'espère dès mon retour pouvoir en parler à un responsable des colonies, car je pense qu'il s'agit là d'un problème important pour l'avenir de nos colonies.
J'ai pu rencontrer différents responsables des principaux établissements marchands d'Abidjan afin de leur exposer nos projets. Leur accueil a été très courtois, et ils se sont pour la plupart montrés très intéressés par nos différents projets, surtout ceux concernant les études aériennes que je compte mener. La plupart d'entre eux mettront à notre disposition des moyens matériels pour nous aider dans notre tâche. Le professeur Johcqz a pu commencer son étude psychologique, il semble que ce soit la une première dans la région, j'espère qu'il pourra la mener à terme.
En soirée nous recevons une invitation pour une soirée costumée organisée par le gouverneur d'Abidjan ; Bien que n'étant pas un amateur de ce genre de manifestation, j'espère qu'elle nous permettra de faire connaître notre projet auprès de l'ensemble des personnalités de la colonie.

15 février 1860 : Prise de contact avec la Brousse.

Nous avons décidé de partir à la découverte d'un village d'autochtones situé en brousse, après une étude des cartes, nous choisissons "Gabou", qui se trouve à quelques heures d'Abidjan, ce qui nous permettra de tester nos tenues de marche (certains de mes compagnons bien que volontaires, ne sont pas très accoutumés aux voyages en milieu inamical).Village de Gabou Je profite de cette petite expédition pour leur enseigner les règles élémentaires de sécurité, ils semblent être heureux d'être en compagnie d'un homme de terrain et n'hésitent plus à me demander conseil. Le professeur Steelhorn profite de l'occasion pour recueillir ses premiers échantillons, principalement des orchidées. A notre arrivée à Gabou, nous sommes accueillis par quelques guerriers du village, nègres fiers et musclés, arborant peintures et armes primitives. Les indigènes connaissent l'homme blanc, et même quelques rudiments de français, ils ne se montrent guère hostiles. Nous traversons le village, où vivent cote à cote des hommes peinturlurés, des femmes à demi nues, des enfants suspendus à leurs mamelles, des coqs, des cochons sauvages, et d'autres animaux que je ne peux reconnaître.
Je ne vois ni missionnaire, ni trace de religion chrétienne, et je mesure l'immensité de la tâche qui attend les hommes de Dieu sur ce continent. De même pour qui nous prendront ces primates quand ils nous verront nous élever dans les airs à bord de la montgolfière ? Le Comte Gorowski, personnage exubérant mais habile diplomate, nous obtient une autorisation pour rencontrer le sorcier du village. Nous pénétrons dans sa hutte emplie de décoctions et de symboles mystiques. L'homme, un vieillard, nous reçoit et commence à nous parler des esprits et de la médecine africaine. Bien que totalement incrédules, nous écoutons avec respect ce vieillard, et le professeur Johcqz accepte même de se faire ausculter, ce qui nous permet d'étudier les pratiques de ce shaman. Puis nous discutons avec l'homme des relations qu'entretiennent les hommes de son village avec nos compatriotes, qui semblent être pour la plupart appréciés par sa tribu, qui fournit un peu de main d'œuvre à la mine et à la plantation. Il évoque néanmoins quelques sévices indignes de notre époque subi ici ou la par quelques membres de sa tribu, nous lui promettons d'agir pour faire stopper ces pratiques qui déshonorent notre pays et sont contraire au message du Christ.